Oser prendre sa place : le défi silencieux des femmes qui entreprennent
- armellenaudin3
- il y a 4 jours
- 8 min de lecture
"Comment voulez-vous qu'on se souvienne de vous ?"
Cette question, je l'ai entendue un soir de novembre, dans la salle comble du Casino de Pougues-les-Eaux, lors du lancement de Femmes du Medef Nièvre. Roselyne Bachelot venait de la poser, au milieu d'un discours qui mêlait réalités dures, anecdotes croustillantes et une parole d'une liberté saisissante.
Et depuis, cette question ne me quitte plus.
Parce qu'elle ne parle pas de réussite. Pas de chiffre d'affaires. Pas de titre sur une carte de visite.
Elle parle de trace. De ce qui reste quand tout le reste s'efface.
Et pour beaucoup de femmes qui entreprennent, qui dirigent, qui portent des projets ambitieux, cette question est d'autant plus puissante qu'elle se heurte à un obstacle aussi ancien que tenace : l'autorisation de prendre sa place.
Table des matières
Cette soirée qui a tout changé
La salle était pleine. Des femmes qui entreprennent. Des femmes qui dirigent. Des femmes qui font avancer un territoire rural que beaucoup sous-estiment.
J'y étais avec ma collaboratrice Elodie et les Entrepren'Heureuses. Et je dois l'avouer : j'aurais pu écouter Roselyne Bachelot pendant des heures. Un discours rythmé, puissant, drôle aussi et surtout, une parole libre. Tellement rare, tellement nécessaire.
Et puis il y a eu un autre temps fort. Juliette Geurts, 17 ans, qui a conquis toute la salle en quelques minutes. On comprend immédiatement pourquoi elle a remporté le prix de l'éloquence cette année. À 17 ans, elle porte une parole plus claire et plus audacieuse que beaucoup d'adultes. Une claque, dans le bon sens du terme.
Bien sûr, on a parlé de parité. Des chiffres. Des inégalités persistantes. Des plafonds de verre qui, même fissurés, résistent encore.
Mais un sujet m'a particulièrement fait écho. Un sujet que je porte au cœur de ce que je fais avec MyPotenti'ailes by Armelle Naudin :
Oser prendre sa place.
Prendre sa place : ce que ça veut dire vraiment
Prendre sa place, ce n'est pas seulement occuper une fonction. Ce n'est pas juste avoir un bureau, un titre, un rôle dans un organigramme.
Prendre sa place, c'est :
Oser parler — dans une réunion, en public, face à des interlocuteurs intimidants
Oser décider — sans attendre la validation de tout le monde
Oser être visible — sans s'excuser de prendre de la place
Oser dire non — quand quelque chose ne correspond pas à tes valeurs
Oser dire oui — quand une opportunité te fait peur mais te fait vibrer
Et c'est là que ça coince pour beaucoup de femmes. Non pas par manque de compétence, les compétences sont là, souvent largement mais par manque d'autorisation intérieure.
On a grandi dans un monde qui valorise la discrétion féminine. La modestie. Le fait de "ne pas faire de vagues". Et ces conditionnements, même quand on les identifie, sont d'une tenacité remarquable.
Le résultat ? Des femmes brillantes qui minimisent leurs réussites. Des entrepreneures talentueuses qui se sentent "pas encore prêtes". Des dirigeantes qui s'excusent avant même de prendre la parole.
Prendre sa place, c'est un acte de courage. Et cet acte commence souvent par une décision simple : arrêter de demander la permission d'exister.
Les freins invisibles qui retiennent les femmes
Ils sont nombreux. Ils sont subtils. Et ils sont d'autant plus puissants qu'ils sont souvent inconscients.
Le syndrome de l'imposteur
Ce sentiment persistant de ne pas mériter sa place. De ne pas être "assez", assez compétente, assez légitime, assez expérimentée. Des études montrent que les femmes sont significativement plus touchées par le syndrome de l'imposteur que les hommes, non pas parce qu'elles sont moins capables, mais parce qu'on leur a appris à douter davantage.
L'attente de perfection
Là où un homme postulera à un poste en remplissant 60 % des critères, une femme attendra d'en remplir 100 %. Ce n'est pas une question de confiance c'est une question de conditionnement. On a appris aux femmes que l'erreur ne leur était pas permise.
La charge mentale invisible
Gérer une entreprise ET la logistique familiale ET la charge émotionnelle de l'entourage. Le "deuxième shift", cette journée de travail non rémunéré qui commence quand la journée professionnelle se termine, est une réalité quotidienne pour des millions de femmes.
L'isolement entrepreneurial
Entreprendre est un chemin solitaire. Mais pour les femmes, cette solitude est souvent amplifiée par le manque de modèles, le manque de réseaux féminins, et parfois le manque de soutien de l'entourage proche.
Ces freins ne sont pas des fatalités. Ce sont des constructions sociales, éducatives, culturelles. Et ce qui a été construit peut être déconstruit. À condition de le nommer. De le voir. Et de décider qu'il est temps de faire autrement.
Transmettre : le maillon qui fait la différence
C'est justement pour contrer cette solitude que j'ai récemment accepté, avec beaucoup de fierté, de devenir marraine d'une jeune cheffe d'entreprise, dans le cadre d'un dispositif porté par Initiative Nièvre.
Il y a 5 ans, lorsque je me lançais à mon tour dans l'entrepreneuriat, cette même structure m'avait accompagnée et soutenue, notamment à travers un prêt d'honneur. Un appui décisif, à un moment clé.
Aujourd'hui, c'est avec beaucoup de sens que je m'inscris dans cette démarche de transmission : partager mon expérience de cheffe d'entreprise, mes apprentissages, mais aussi et surtout la réalité du terrain.
Pas les belles histoires Instagram. Pas le mythe de la "boss babe" qui réussit tout sans effort. Mais la vraie vie d'une entrepreneure : les doutes, les choix difficiles, les moments de solitude, les victoires silencieuses.
Parce que l'entrepreneuriat est un chemin exigeant. Et être soutenue, écoutée et conseillée au bon moment peut faire toute la différence.
La transmission entre femmes entrepreneures, c'est un acte politique au sens noble du terme. C'est dire : "Je l'ai fait. Ce n'était pas facile. Et je suis là pour t'aider à le faire aussi."
Quand on manque de modèles, on devient le modèle. Et quand on a bénéficié d'un soutien, on le rend. C'est aussi simple et aussi puissant que ça.
L'ikigaï comme outil d'affirmation de soi
L'ikigaï, dans ce contexte, prend une dimension particulière.
Pour beaucoup de femmes, le décalage n'est pas entre ce qu'elles font et ce qu'elles aimeraient faire. C'est entre ce qu'elles sont et ce qu'elles s'autorisent à être.
L'exploration de l'ikigaï permet de :
Reconnaître ses talents — pas ceux que les autres valident, ceux qu'on porte naturellement
Identifier ses aspirations profondes — au-delà des injonctions familiales, sociales, culturelles
Clarifier sa contribution unique — ce que l'on apporte au monde et que personne d'autre ne peut apporter de la même façon
S'autoriser à occuper sa place — pleinement, sans excuses, sans diminution
L'ikigaï ne dit pas "tu devrais faire ceci". Il dit "tu es faite pour ça." Et cette nuance change tout.
Quand une femme découvre son ikigaï ou sa raison d'être profonde, ce qui lui donne de l'élan et du sens, elle ne se demande plus si elle a le droit de prendre sa place. Elle sait qu'elle DOIT la prendre. Parce que le monde a besoin de ce qu'elle a à offrir.
Et ça, c'est plus qu'un accompagnement professionnel. C'est un acte de libération.
4 clés pour oser prendre ta place dès aujourd'hui
1. Cesse de te comparer ET commence à te connaître
La comparaison est le vol de la joie, disait Roosevelt. Et dans l'entrepreneuriat féminin, elle est omniprésente. Arrête de regarder ce que font les autres et commence à explorer ce que tu es. L'ikigaï est un outil puissant pour ça parce qu'il te ramène à toi, pas aux autres.
2. Entoure-toi de femmes qui élèvent
Les réseaux féminins ne sont pas du "networking superficiel". Ce sont des espaces de légitimation réciproque. Quand une femme te dit "tu as ta place", ça a un poids immense. Trouve ton réseau. Rejoins des communautés. Contribue. Reçois. Les Entrepren'Heureuses, la CPME, Initiative Nièvre, les espaces existent. Saisis-les.
3. Pratique la visibilité ET même quand ça tremble
Prendre la parole en public. Publier sur les réseaux. Dire ce que tu penses. Partager ton expertise. Tout ça te met en lumière et c'est exactement ce qui te fait peur. Mais la visibilité n'est pas de l'arrogance. C'est de la responsabilité. Si tu as quelque chose de valeur à offrir, le cacher est un choix que le monde ne peut pas se permettre.
4. Trouve ta boussole ET suis-la
Toutes les injonctions du monde ne pèsent rien face à une conviction intérieure solide. Quand tu sais pourquoi tu fais ce que tu fais, quand ton ikigaï est clair, tu n'as plus besoin de la permission des autres. Tu avances. Avec détermination. Avec authenticité. Avec puissance.
On parle souvent de réussite. Au fond, ce qui compte vraiment, c'est la trace que l'on laisse.
Et si la trace commençait ici ?
Si tu es une femme qui entreprend, qui dirige, qui porte un projet et que tu sens ce décalage entre ce que tu es et ce que tu t'autorises à montrer au monde, sache que ce n'est pas normal. Et surtout, que ce n'est pas nécessaire.
Chez MyPotenti'ailes, j'accompagne des femmes (et des hommes) à retrouver leur boussole intérieure, à clarifier leur ikigaï, et à oser occuper pleinement la place qui leur revient.
Pas avec des formules toute faites. Pas avec du coaching de surface. Avec un travail de profondeur, ancré dans le vrai, qui transforme la façon dont tu te vois et donc la façon dont tu existes dans le monde.
Si quelque chose en toi s'est allumé à la lecture de cet article, c'est un signe.
Écoute-le.
Je t'invite à ce qu'on en parle, lors d'un appel découverte gratuit. Femme à femme. Sans filtre. Sans pression.
Prends ta place. Le monde t'attend. 🪶
Questions fréquentes (FAQ)
Pourquoi les femmes ont-elles plus de mal à prendre leur place ?
Ce n'est pas une question de capacité mais de conditionnement. Les femmes grandissent dans un environnement qui valorise la discrétion, la modestie et le perfectionnisme. Ces schémas créent des freins intérieurs puissants, syndrome de l'imposteur, attente de perfection, difficulté à se rendre visible qui les empêchent de s'autoriser pleinement à occuper l'espace qu'elles méritent.
Le réseau féminin est-il vraiment utile pour entreprendre ?
Absolument. Les études montrent que les femmes entrepreneures qui bénéficient d'un réseau de soutien (mentorat, marrainage, réseaux féminins) ont significativement plus de chances de pérenniser leur activité. Le réseau n'apporte pas seulement des contacts, il apporte de la légitimation, du soutien émotionnel, et des modèles inspirants.
Comment l'ikigaï aide-t-il spécifiquement les femmes entrepreneures ?
L'ikigaï permet de dépasser les injonctions extérieures pour revenir à soi. Pour les femmes, qui sont souvent tiraillées entre de multiples rôles et attentes, c'est un outil de recentrage puissant. Il aide à identifier ses talents uniques, ses aspirations profondes, et sa contribution singulière, et à s'autoriser à les incarner pleinement, sans excuses.
Qu'est-ce que le marrainage d'entreprise ?
Le marrainage (ou parrainage) d'entreprise est un dispositif d'accompagnement dans lequel un(e) entrepreneur(e) expérimenté(e) accompagne bénévolement un(e) jeune chef(fe) d'entreprise dans les premières étapes de son activité. C'est un espace de transmission, de conseil et de soutien qui peut faire une différence considérable dans la réussite d'un projet.
Comment savoir si mon manque de visibilité freine mon activité ?
Quelques indicateurs : tu as du mal à parler de ton activité spontanément, tu sous-tarifies tes prestations, tu évites les prises de parole publiques, tu minimises tes réussites dans les conversations. Si tu te reconnais dans ces comportements, c'est probablement que la visibilité est un levier de croissance inexploité et qu'un travail sur l'affirmation de soi pourrait transformer ton activité.
Chiffres clés
👩💼 32 % des entreprises en France sont créées par des femmes. (Source : Insee, 2024)
📊 Les femmes entrepreneures sont plus touchées par le syndrome de l'imposteur : 75 % l'ont déjà ressenti contre 50 % des hommes. (Source : KPMG)
💡 Les entreprises fondées par des femmes génèrent 2,5 fois plus de revenus par dollar investi que celles fondées par des hommes. (Source : Boston Consulting Group)
🤝 Le mentorat augmente de 70 % les chances de pérenniser une entreprise au-delà de 5 ans. (Source : UPS Store / Score)
🌸 Vivre en cohérence avec son ikigaï est reconnu comme un facteur de longévité et de bien-être global. (Source : Dan Buettner)




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